Feeds:
Posts
Comments

Archive for the ‘Foucault archives’ Category

Call for sponsorship to buy Michel Foucault’s archives

Paris, 8 May 2013, Art Media Agency (AMA).

The Ministry of Culture sent out a call for sponsorship to French companies in order to purchase the archives of Michel Foucault.

The archives of the French philosopher consist of 37,000 hand-written or typed documents. The Bibliothèque Nationale de France (BNF) stated its intention to acquire these documents, ranked as a national treasure, a year ago.

The call for sponsorship concerns €3.5m. Supporting the purchase of a national treasure for the State will allow indebted companies with company taxes to benifit from a reduction of up to 90% within 50% of the sum due.

The national treasure title is a way of protection in order to avoid goods holding a major historical, artistic and archeological value for the country from being exported. The BNF often uses this procedure to enrich its collection. That is how in 2009 it bought the archives of Guy Debord, while Yale University showed its interest in the purchase as well.

Appel au mécénat d’entreprise pour l’acquisition des archives de Michel Foucault

Paris, le 8 mai 2013, Art Media Agency (AMA).

Le ministère de la Culture Français lance un appel aux entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés, afin d’acquérir les archives de Michel Foucault.

Les archives du philosophe français comportent près de 37.000 documents manuscrits ou dactylographiés. La Bibliothèque Nationale de France (BNF) a déclaré son intention de se porter acquéreur de ce document, classé trésor national depuis un an.

L’appel porte sur un montant de 3,5 millions d’euros. Le mécénat d’entreprise permet aux entreprises redevables de l’impôt sur les sociétés de bénéficier d’une réduction de cet impôt de 90% dans la limite de 50% du montant de l’impôt dû si elles participent à l’achat d’un trésor national pour l’Etat.

La qualification de trésor national est une mesure de protection qui permet l’interdiction de sortie du territoire de biens présentant un intérêt majeur pour l’histoire, l’art et l’archéologie. La BNF utilise fréquemment ce procédé pour enrichir ses collections. Elle a de cette manière pu acquérir les archives de Guy Debord en 2009, alors que l’université de Yale s’était montrée intéressée et avait formulé une offre d’achat.

Read Full Post »

« I Believe In Time… » Daniel Defert Legatee Of Michel Foucault’s Manuscripts. Interview with Guillaume Bellon, Revue Recto/Verso N°6 – Septembre 2010

interview

Daniel Defert, who shared Foucault’s life for over twenty years, is today in possession of all the notes and manuscripts the philosopher left at the time of his death. Heavy heritage that bears the mark of the Forbidden: Foucault, who would often repeat to the people close to him: “Do not play on me the trick Max Brod played on Kafka”, had indeed made sure to state on his will: “No posthumous publication”. Yet, two important in-progress publications have been carried out since his death in June 1984: first the collection Dits et Écrits, which brings together articles, interviews, and conferences given by the author, along with the progressive publication of all the lectures he gave at the Collège de France starting from 1970 and up to his death. Secondly, two substantial projects, that were not self-evident in the first place, and for which Daniel Defert has been associated in many respects. It is about this delicate problem – the question of the intimacy of a memory that must be respected combined with the possible advertisement of the previously unpublished part of a considerable work – that we decided to question him.  

interview

Read Full Post »

«Les archives de Foucault ont une histoire politique»

Le nouvel observateur 6 novembre 2012
(updated 8 nov)

EXCLUSIF. Compagnon et légataire de Michel Foucault, Daniel Defert s’exprime pour la première fois sur les archives qu’il s’apprête à vendre à la Bibliothèque nationale de France (voir l’enquête publiée dans «le Nouvel Observateur» du 8 novembre).

Une histoire politique

«L’histoire de ces archives n’aurait pas été la même si nous avions été pacsés ou mariés. J’en aurais hérité tout naturellement, sans avoir ces droits à payer. Il faut se remettre dans l’époque où cette succession a lieu: le début des années 80 et de l’épidémie du sida. Des gens meurent, laissant des compagnons endeuillés et dépossédés parfois par les familles ‘‘légitimes’’. Dans le cadre de Aides, j’ai vu énormément d’hommes expulsés d’appartements où ils avaient vécu avec leurs compagnons. C’était tragique.

Michel Foucault en stipulant qu’il me léguait l’appartement de la rue de Vaugirard et tout ce qu’il contenait m’a protégé de ce point de vue là.

Et je dois dire que sa famille a parfaitement respecté ses volontés. Je suis un grand lecteur de Balzac, pour qui la propriété se constituait par le code civil, et c’est cela qui a changé même si mon avocat, Jean-Denis Bredin, me disait ‘‘Ce n’est pas une épidémie qui va faire changer les choses’’. Il avait tort, nous nous sommes battus avec les associations et aujourd’hui nous arrivons à l’égalité des droits.»


Rest of article

Read Full Post »

National treasure: writings by philosopher Michel Foucault

A news report in English about recent events in relation to the recent designation of Foucault’s archives as a national treasure for those who haven’t been able to follow postings in French on this subject on Foucault News. Source: Arts Media Agency site 5 June 2012

The partner of famous French philosopher Michel Foucault putting some 37,000 pages of the late thinker’s writings up for auction. According to the Government, they are a national treasure. Consequently, they cannot leave the country.

Valued at €3.8m, the State has to gather this sum for 2015 as numerous American universities have stated their intention to buy these writings. The French Government told the Journal Officiel that it considered these archives as “essential for the study and comprehension of Michel Foucault’s work.” These writings, dating from the middle of the 1960s until the philosopher’s death in 1948, include lecture notes, manuscripts copies, and studies necessary to the writing of his books.

The Bibliothèque Nationale de France asserted that it was confident and would be able to raise the required funds, notably through its numerous sponsors. The Musée des lettres et des manuscrits may also contribute to this acquisition.

In an interview with the French newspaper Le Monde, Daniel Defert explained that “he and the philosopher’s family would prefer to see the archives staying in France […] However, should it be impossible, he will not object to have them stored in the United States, a country which provided a lot to him.”

Read Full Post »

La BNF fait appel au mécénat pour acquérir les archives de Michel Foucault
Le Nouvel Observateur, 29 mai 2012.

See rest of article here

La Bibliothèque nationale de France et le Cercle de la BNF organisent le 11 juin un dîner au bénéfice des collections de la bibliothèque avec cette année en ligne de mire l’acquisition des exceptionnelles archives du philosophe Michel Foucault, classées Trésor national.

L’influence de Michel Foucault (1926-1984) sur la pensée contemporaine a été et demeure considérable, souligne la BNF dans un communiqué.

On retrouve dans ses archives, qui s’étalent sur près de quarante ans, d’innombrables notes de lectures, des milliers de pages de préparation à ses cours ou à ses fameuses conférences, divers états de ses livres dont le manuscrit des “Aveux de la Chair”, son dernier ouvrage resté inédit.

Classé Trésor national, cet ensemble a pour destination naturelle le département des Manuscrits de la BNF où il serait mis à la disposition des chercheurs du monde entier et valorisé sur le plan scientifique. La richesse et la variété de ce fonds permettront de révéler les étapes de la construction du discours de Michel Foucault écrit comme oral, souligne la BNF.

Read Full Post »

Matthieu Potte-Bonneville et Philippe Artières, “Michel Foucault n’est pas un trésor”
Le Monde des Livres, 17 May 2012.

Le classement comme « trésor national » des 37000 feuillets (manuscrits, textes, notes dactylographiées) dont seraient composées les archives de Michel Foucault soulève une série de questions quant au devenir de ce fonds, dans un débat où se croisent des considérations financières, des enjeux nationaux (puisqu’on a évoqué l’acquisition de ces archives par une bibliothèque universitaire américaine), et une concurrence entre plusieurs institutions françaises. Lecteurs de Foucault, il ne nous revient pas de trancher ces litiges. Toutefois, nous aimerions introduire dans la discussion une remarque très simple : l’oeuvre de Michel Foucault est de part en part traversée par le souci de l’archive ; il dédia à celle-ci son « archéologie du savoir » et hanta, sa vie durant, les bibliothèques. Il y aurait alors un peu d’aveuglement à ne pas interroger le destin de ses propres archives à la lumière de ses travaux, pour imaginer les formes de conservation et de valorisation de cette masse de choses dites qu’il a laissée dériver jusqu’à nous.

Première remarque : le surgissement de ces feuillets fait justice de la tentation de croire que nous pourrions un jour disposer à propos de Foucault de quelque chose comme des « œuvres complètes ». Ces milliers de pages, en effet, interviennent à la manière d’un énième ressac, dans l’histoire d’une publication de Foucault où, depuis trente ans, chaque nouvelle vague éditoriale jette à bas les digues que l’on avait cru pouvoir bâtir autour de l’oeuvre, les bornes au sein desquelles il semblait possible de la contenir. Dès 1994, les quatre tomes des Dits et écrits adjoignaient aux ouvrages publiés du vivant de l’auteur un pêle-mêle de préfaces, d’entretiens, d’interventions et d’articles qui en modifiaient la compréhension ; la publication, engagée en 1997 et encore inachevée, des cours au Collège de France excède de beaucoup le volume des livres que l’auteur des Mots et les choses avait choisi de faire paraître. A chaque fois, loin de se compléter, le puzzle se mélange de nouveau. Les archives de Foucault vérifient ainsi la définition qu’il donnait du discours, en s’arrachant peu à peu à l’intention de l’Auteur et à l’horizon de l’Oeuvre – nul ne saurait se prétendre maître de leur dispersion, et elles s’offrent de plus en plus clairement à un nombre indéfini de parcours possibles.

Or, de ces parcours d’interprétation, le tracé n’est pas préfiguré dans les archives elles-mêmes ; leur défrichage revient essentiellement aux lecteurs. Il faut ici se souvenir de la manière dont Foucault affirmait écrire « pour des utilisateurs », ou évoquait son goût des « textes pratiques, qui sont eux-mêmes l’objet de pratiques ». Cette figure du lecteur-usager est essentielle : d’abord, elle met hors-jeu toute notion de propriété et de lecture autorisée, invite à nouer avec les textes une relation d’emprunt, qui les laisse libres pour d’autres usages possibles comme on rapporte sagement son livre à la bibliothèque commune. Ensuite, l’idée d’usage trace une oblique entre lectures savantes ou profanes, désintéressées ou engagées, spécialisées ou exotiques ; cela ne veut pas dire que toutes les lectures soient également intéressantes, mais que l’on ne peut décider de leur intérêt qu’« à l’usage », et non a priori. Parce que le sens d’un texte n’est pas réserve à découvrir, mais instrument à inventer, on ne saurait au nom de la science en restreindre l’accès à telle ou telle communauté interprétative, disposant du droit exclusif à s’en faire l’intermédiaire. Enfin, que Foucault ait écrit pour des utilisateurs suggère qu’il n’entendait pas voir ses travaux cantonnés au champ clos des controverses théoriques, mais espérait aussi les voir produire des effets dans le vif des questions culturelles, sociales et politiques, devenir (selon ses propres termes), « à la fois bataille et arme, stratégie et choc ».

Comment être fidèles à cet impératif ? En affirmant ceci : du point de vue des usagers, l’enjeu n’est pas de savoir si les archives de Foucault doivent devenir étrangères ou rester nationales ; le problème est de faire entendre qu’elles ne constituent en rien un « trésor ». Les trésors appellent les coffre-forts, excitent les collectionneurs, attirent les chasseurs de trésor – et l’on peut redouter, de même, qu’un tel traitement des archives relance la tension entre la tentation d’en réserver l’accès, d’en faire un objet de prestige plutôt que de recherche, et celle d’en faire circuler plus ou moins clandestinement des fragments disparates, éclats brillants arrachés à l’ensemble lorsqu’au contraire, ce sont les circulations au sein du corpus qui sont fécondes. Permettre aux lecteurs l’accès le plus direct à cet ensemble documentaire est un enjeu primordial, qui ne se déduit pas mécaniquement des considérations marchandes, institutionnelles ou patriotiques : par exemple, faudrait-il se réjouir que les archives Foucault demeurent sur le territoire français, si les chercheurs du Sud se trouvaient du même coup, faute de visas, interdits de consultation comme c’est souvent le cas aujourd’hui ? Quelle que soit la solution finalement retenue pour l’accueil matériel de ce fonds, nous appelons à ce que l’ensemble de ces archives fasse l’objet d’une numérisation globale qui en permette la consultation internationale la plus large, conformément à cette communauté mondiale d’usagers de la pensée que les technologies de l’information contemporaines font naître et dont Foucault aura peut-être été le premier penseur. Alors que la marchandisation des archives intellectuelles tend à s’imposer comme la norme, et face à des débats promis à revenir à propos d’autres fonds, il y aurait là l’indication d’une manière différente d’aborder le problème – manière plus conforme aux moyens et aux enjeux de la recherche aujourd’hui, que le seul fétichisme des feuillets jaunis, la recherche de la perle rare ou l’émotion suscitée par la graphie du Maître.

L’usage, plutôt que le trésor. Rééditant, en 1972, L’Histoire de la folie, Foucault écrivait à propos de son livre : « Quant à la nouveauté, ne feignons pas de la découvrir en lui, comme une réserve secrète, comme une richesse d’abord inaperçue: elle n’a été faite que des choses qui ont été dites sur lui, et des évènements dans lesquels il a été pris ». Les nouvelles lectures ne sont pas embaumées dans des sarcophages de papier, comme un secret à préserver ou à piller ; elles sont encore à inventer, pourvu que ses usagers futurs puissent les dessiner à même des archives largement disponibles.

- Philippe Artières est historien (CNRS) et président de l’Association pour le Centre Michel Foucault.

- Mathieu Potte-Bonneville est philosophe (ENS de Lyon) et président de l’Assemblée Collégiale du Collège International de philosophie.

Dernier ouvrage paru : P.Artières, M.Potte-Bonneville, D’Après Foucault – gestes, luttes, programmes, Points, coll. « Essais », 2012.

Sources: FuckYeahGillesDeleuze blog, Variazioni foucaultiane blog

Read Full Post »

I am posting this article up in its entirety here as I have been having trouble accessing the original blog – it has been timing out. This blog post from the French newspaper Le Monde has a very large number of comments attached which might be worthing looking at when the site is back on line. This article provides a very interesting account of the background to the recent decision to declare the Foucault archives a national treasure.  If you don’t speak French, google translate should give you the gist of this. With thanks to Nicolae Morar for alerting me to this item.

La république des livres.  Le blog de Pierre Assouline

29 avril 2012

A qui les archives de Michel Foucault ?

Ce n’est peut-être pas le premier dossier que le nouveau ministre de la Culture aura bientôt à traiter, n’exagérons rien ; mais le deuxième, probablement. Sinon, l’affaire s’éternisera dans les arcanes des administrations qui se renverront la balle, et on pourra dire adieu aux archives du philosophe Michel Foucault. Car il ne faut pas se leurrer sur l’effet d’un arrêté du Journal officiel qui a récemment révélé le classement comme « Trésor national » de ces 37 000 feuillets, manuscrits et textes dactylographiés s’étalant sur une durée de quarante ans : si dans 30 mois un accord n’a pas été trouvé entre le vendeur et l’Etat, des bibliothèques d’universités américaines (Berkeley, Chicago, Yale), fières de leurs « Centre Michel Foucault » qui ont tant fait pour la mise en valeur de son œuvre, se disputeront le privilège de les acquérir. Message reçu, Monsieur le Ministre ? (ou Madame, il ne faut jurer de rien).

Ce scénario-catastrophe relève d’autant moins de la science-fiction que le classement des Archives Foucault s’est bien fait de manière préventive afin, dans un premier temps, de les empêcher de quitter le territoire en douce. Le sociologue Daniel Defert, qui partagea la vie du philosophe et hérita de leur propriété, a en effet décidé, à 75 ans et au lendemain d’une opération du cœur, de s’en séparer ; il a donc déposé une demande d’autorisation à l’exportation qui a mis le feu aux poudres : « La famille de Michel Foucault et moi-même souhaitons que ces archives restent en France, d’autant que l’édition de ses cours n’est pas achevée. Mais si ce n’est pas possible, je n’ai pas de réticence a priori contre l’Amérique, qui a tant fait pour lui » confie-t-il. Mais qu’est-ce qui ferait capoter l’affaire ? Deux choses qui pourraient n’en faire qu’une : l’argent pour s’aligner sur le prix du marché (nul ne veut se risquer à lâcher un montant, mais pour être plus précis, disons que c’est  beaucoup, c’est à dire nettement plus que pour l’acquisition du manuscrit des Mémoires de Casanova ou des archives de Guy Debord) et une ancienne rivalité entre deux institutions culturelles qui ont chacune leurs arguments et… un même ministère de tutelle (ce n’est pas celui des sports et arts martiaux). A ma droite (façon de parler, on n’est jamais trop prudent), la BnF (Bibliothèque nationale de France). Elle fait valoir à juste titre qu’elle n’a pas vocation à s’interdire le XXème siècle comme l’a prouvé l’acquisition du fonds Guy Debord ; qu’elle possède déjà deux manuscrits de Michel Foucault (deux versions de l’Histoire de la sexualité et une première version de L’Archéologie du savoir) reçus en dation lorsque Daniel Defert eut d’importants droits de succession à régler ; et que, comme le rappelle Bruno Racine, président de la BnF, « si un auteur a sa place chez nous, c’est bien Michel Foucault : il avait sa place attitrée dans la salle Labrouste, il y passait ses journées à faire ces fiches de lecture qui constituent justement une partie du fonds, il y a un lien quasi organique entre lui et la Bibliothèque, il a même rêvé d’en être l’administrateur général ! »

A ma gauche (façon de parler, la période est incertaine), l’Imec (Institut mémoires de l’édition contemporaine). Nathalie Léger, sa directrice-adjointe fait valoir à juste titre que son fonds Foucault (des dactylogrammes annotés, des livres, une importante phonothèque), est « le seul centre de recherches au monde consacré à cette œuvre : il attire depuis 1997 de nombreux chercheurs venus de partout, et il a organisé autour de lui nombre d’expositions, de publications, de colloques ». 

Voilà pour les forces en présence. Bien que les moyens, le prestige et l’ancienneté de la première soient plus importants que ceux de la deuxième, on ne sait trop laquelle est l’outsider et laquelle le challenger. Le fait est qu’actuellement, les deux négocient avec l’avocat et l’expert en manuscrits délégués par Daniel Defert pour le représenter. « Les deux sont légitimes, il faut laisser faire les règles de la concurrence » dit-il. Le 11 juin, le traditionnel « dîner des mécènes » se tiendra dans le prestigieux hall des Globes de la BnF. Sous la houlette du banquier Jean-Claude Meyer, On y fera appel à la générosité de quelques fondations (Louis Roederer, Pierre Bergé, Total, Lagardère, l’Oréal, Getty, Louis Vuitton et autres foucaldiens de choc) pour acquérir le fonds Foucault. Pas de petit-déjeuner ni même de goûter de donateurs prévus pour l’instant à l’Imec qui cherchera à lever des fonds du côté de mécènes proches de son conseil d’administration. Mais d’un côté comme de l’autre, on s’active en coulisses pour l’emporter. On se dit même prêt de part et d’autre à coopérer (exposition, numérisation etc), en oubliant le ressentiment accumulé entre les deux institutions depuis des années, et réactivé récemment avec la transhumance des papiers de Roland Barthes vers la BnF, après avoir été dûment « travaillés » à l’Imec, ce qui a laissé un goût amer à l’Abbaye d’Ardenne. Car les deux conviennent que le plus important est que les archives Foucault ne quittent pas la France, qu’elles ne soient pas dispersées et qu’elle demeure ouvert aux chercheurs. Ici ou là. Même si chacun est convaincu que ce serait mieux ici plutôt que là.

A cet égard, un essai très original vient de paraître sous le titre Une parole inquiète (273 pages, 26 euros, Ellug – les éditions de l’université Stendhal de Grenoble). Guillaume Bellon, chercheur à l’Item, fait la jonction entre Barthes et Foucault en étudiant leurs cours au Collège de France dans une démarche génétique, celle du laboratoire de l’œuvre en cours. Pour mieux montrer la fragilité du discours enseignant, il passe au tamis tous les documents liés à cette parole, les notes manuscrites comme les enregistrements sonores ; puis il interroge la responsabilité éthique par laquelle on décide de rendre public (édition en librairie, communication en bibliothèque) ce qui était conçu comme une archive privée : Leçons sur la volonté de savoir, le Pouvoir psychiatrique, Le Courage de la vérité etc (Foucault) et Le Neutre, La Préparation du roman (Barthes). De Michelet à Lacan, le problème s’est souvent posé, mais il prend toute son acuité avec le cas de ces deux intellectuels. Leur parole magistrale, avec ce que cela peut avoir d’intimidant du haut de cette tribune prestigieuse, n’est pas seulement « inquiète », comme l’énonce l’essai en couverture, mais tenue car il s’agit bien là de tenir un discours dans un temple du savoir dont la devise est Docet omnia (il enseigne tout). Que Foucault et Barthes lisent ou parlent, avec ou sans notes sous les yeux, ils nous font entrer dans leur laboratoire, leur fabrique, leur atelier de pensée, où le cours oral dialogue avec l’œuvre écrite, avant de donner un texte qui finira par acquérir le statut d’un livre.

(Michel Foucault et Roland Barthes, photos D.R.)

Read Full Post »

From Le Monde, 14 April 2012

The French government has decided to classify the Foucault archives as a ‘national treasure’ and has forbidden the export of these archives. This move has taken place as a ‘preventative measure’ against the sale of these 37,000 pages of documents abroad.

L’Etat français a décidé de classer “trésor national” les archives du philosophe Michel Foucault et interdit leur exportation, par un avis publié samedi 14 avril au Journal Officiel.

Saisie par le ministère de la culture, la Commission consultative des Trésors nationaux fait valoir que cette réunion de 37 000 feuillets, manuscrits et textes dactylographiés couvrant quarante années, “est unique pour la compréhension et l’étude de l’oeuvre de Michel Foucault”, décédé en 1984. “En conséquence, cet ensemble de biens présente un intérêt majeur pour le patrimoine national du point de vue de l’histoire et de l’art et doit être considéré comme un trésor national”.

Interrogé samedi, le ministère de la culture a indiqué qu’il pouvait s’agir d’une “mesure préventive” afin d’empêcher la vente de ces documents à l’étranger.

Read Full Post »

Follow

Get every new post delivered to your Inbox.

Join 2,083 other followers

%d bloggers like this: